Brice est devenu un immigré en Roumanie. En 2005, il s’installe au cœur de la Transilvanie, un exil hors de France qui durera quatre années. Quatre années durant lesquelles il découvrira un pays, et une culture. Quatre années également ou il eu le temps de s’interroger sur la notion d’appartenance, de nation et d’identité. Il observe des étrangers, de plus en plus nombreux, passer ou s’installer par Cluj et sa région, et des Roumains qui à l’inverse partent vers le reste de l’Europe. Les raisons de s’exiler sont aussi nombreuses que celles de vouloir rester. Lui même s’est exilé sans pour autant en comprendre le sens profond.
Ainsi, naturellement, est venue à Brice l’idée de documenter photographiquement le phénomène de la diaspora Roumaine post-communiste à travers l’Europe, mais également les effets en Roumanie. Les Roumains photographiés ont entre vingt et trente ans. Il s’agit donc d’une génération née sur les ruines d’un régime totalitaire, et en proie à une autre forme de totalitarisme (qui est celui la économique). C’est cette génération qui a décidé de s’exiler, ou non. En puisant à travers son expérience personnelle, Brice a démarré une série de portraits de Roumains.
La plupart des personnes qu’il a photographiées l’ont été à Cluj, ou il a vécu, et à Paris où il s’est « exilé » après avoir quitté la Roumanie. Ils les écoutent, racontant leurs histoires, pourquoi ils sont restés, ou pourquoi ils sont partis. Brice photographie ces Roumains chez eux, dans leurs intérieurs, sans repères géographiques, confondant Roumains de Cluj en Roumanie et de Paris. Il ne donne aucun indice, a priori, ni jugements. Il cherche avant tout à photographier le sujet sans artifices, dans un lâcher prise total. Cette série de portraits constitue une base documentaire sur une génération de Roumains mais pose également la question de ce qu’est l’appartenance à la culture Roumaine. Il soulève les problématiques de l’appartenance à une communauté, et de l’identité en son sein. Les visages dans ces portraits semblent eux même interroger le spectateur sur sa propre identité, et sur la notion même de l’identité.
Julie Brianti

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